Le ju-jitsu traditionnel japonais pour un ado???

1 mai 2020
Catégorie: Général
1 mai 2020,

 

Le ju-jitsu traditionnel japonais pour un ado???

 

Comme vous le savez sûrement, la vaste majorité des arts « martiaux » modernes sont en réalité devenus des « sports » et n’ont plus rien à voir avec un « art martial ». Il s’agit d’activités où les participants se mesurent à d’autres dans le but de l’emporter et de gagner une médaille ou un trophée dans le cadre d’une activité où l’on a éliminé la majorité des techniques comportant des risques de blessures (et où on néglige également toutes les techniques qui ne permettent pas de gagner un prix dans l’immédiat). Ceci n’est pas notre cas. Ce que nous enseignons est véritablement un « art martial » et donc très efficace à bien des points de vue pour se défendre, sans nécessairement « détruire » l’attaquant pour autant (donc très différent des techniques d’autodéfenses habituelles). Je parle évidemment des pratiquants ayant atteint un niveau très avancé.  Aussi, comme il s’agit vraiment d’un « art », il faut avoir de nombreuses années d’expérience pour y incorporer toutes la finesse nécessaire.

Il va sans dire qu’un tel niveau de maîtrise a des répercussions positives indéniables sur notre attitude et notre qualité de vie en tant qu’être humain puisque nous recherchons l’équilibre et l’harmonie en toute chose.

Outre les précautions que nous prenons pour réduire les risques de blessures,  voici quelques conditions sine qua non qui sont de la responsabilité du pratiquant:

 

  1. Savoir mettre son égo de côté. En effet, en pratiquant notre art, bien des blessures pourraient être provoquées par un participant désireux de se montrer supérieur à l’autre. Vous comprendrez que s’il n’est pas facile de rappeler cette nécessité à un adulte, c’est encore plus vrai pour un ado cherchant à s’affirmer face à ses camarades.

 

  1. Aborder son Uke (partenaire) avec humilité. Cette condition vise non seulement, elle aussi, à réduire les risques de blessures, mais également à accélérer un apprentissage très complexe et chargé de détails et de nuances raffinées (il s’agit bien d’un art). Seule une attitude d’humilité peut nous permettre d’apprendre de tout le monde, chaque fois que l’occasion se présente. Bien des gens sont aveugles à l’idée d’apprendre de leurs confrères et consœurs et ce, par simple manque d’humilité. Que d’occasions d’apprendre sont ainsi perdues…

 

Nota– Par exemple, sans les deux conditions qui précèdent, il serait très facile de blesser un non-initié en lui faisant une projection dangereuse.

 

  1. Être soucieux de la progression de ses partenaires et non pas seulement de la nôtre. Cette condition réduit, elle aussi, les risques de blessures que l’on pourrait infliger par négligence où maladresse à son partenaire. Mais elle nous permet de nous développer en harmonie avec les autres, ce qui ne manquera pas d’avoir des répercussions positives dans notre vie de tous les jours.

 

  1. Faire le deuil du recours à la force physique. Á peu près toutes nos techniques peuvent être adaptées pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours à la force physique. Il faut apprendre graduellement à bien diriger son « ki » où son énergie vitale interne au lieu de le diffuser n’importe comment et de le dissiper dans toutes les directions, comme c’est le cas quand on compte uniquement sur la force physique. (Très peu de gens réalisent ce qu’ils peuvent accomplir en alignant correctement leur KI au lieu d’avoir tout simplement recours à la force physique.) Encore une fois, l’élimination du recours à la force physique peut, lui aussi, réduire les risques de blessures.

 

Comme vous pouvez le constater, s’il est difficile d’amener un adulte à délaisser ainsi l’orgueil et l’égo pour en arriver à vivre en harmonie avec les autres, c’est à plus forte raison le cas d’un adolescent. Mais nous n’avons rien contre si le parent s’engage à assumer tous les risques inhérents à la pratique de notre art mais aussi, en ce qui concerne le comportement de son enfant envers les personnes qu’il fréquente à l’école ou ailleurs. L’autre condition, c’est qu’il ou elle participe au cours en tout temps avec son enfant. Cet engagement doit être pris par écrit au moment de l’inscription.

 

Même si ce qui précède porte sur les adolescents, il peut également constituer un rappel important à nos participants adultes qui constituent la vaste majorité de nos élèves.

 

 

Adrien Breton, Shihan

Membre du conseil de direction de la fédération des Arts martiaux traditionnels du Canada et représentant provincial pour le ju-jitsu traditionnel

/ Member of the Board of Directors for the Traditional Martial Arts Federation & Provincial Representative for traditional ju-jitsu